Le numérique peut-il permettre aux commerces de proximité de survivre ?

D’après le gouvernement, la numérisation serait une bonne solution pour faire en sorte que les petites boutiques ne subissent pas trop la concurrence. Certains pensent que l’identité culturelle et la fonction sociale des enseignes de centre-ville sont menacées.

Alors que de nombreuses personnalités ont appelé, mi-novembre, a boycotté Amazon pour Noël, afin d’éviter que le confinement ne soit fatal aux commerces de proximité, Bruno Le Maire a insisté sur la nécessité, selon lui, « d’accélérer » la digitalisation de ces derniers. Pointant un retard spécifique à la France, le ministre de l’Economie a ainsi fait du « localisme digital » le pilier de sa stratégie pour aider les boutiques à surmonter la crise.

« La digitalisation ne remplacera pas l’impact sociale qu’ont les commerces de centre-ville, mais cela peut permettre de les moderniser, en leur offrant une visibilité sur internet, lieu devenu aujourd’hui incontournable », fait aussi valoir Christophe Bouillon, le président de l’Association des petites villes de France, au journal La Gazette des Communes. Une stratégie qui pourrait s’avérer fructueuse pour conquérir une clientèle de néoruraux, séduits par les circuits courts, mais habitués à la flexibilité pour faire leurs courses que confère la vie dans une grande ville. « L’idée n’est pas de vendre à l’étranger ou à l’autre bout de la France, comme le ferait Amazon, mais d’élargir sa zone de chalandise dans la région », soutient Christophe Bouillon. « Nous sommes en transition, relativise, pour sa part, Julien Gondard, le directeur général du réseau des chambres de métiers et de l’artisanat. L’objectif, à terme, c’est que, lorsque je cherche à acheter un réfrigérateur en ligne, celui près de chez moi apparaisse avant celui d’Amazon, et me revienne moins cher », explique-t-il.

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